De la viande "du bout du monde avec des prix qui n’ont rien à voir" : pourquoi des agriculteurs dénoncent les accords de libre-échange ?
France Info | 6 avril 2026
De la viande "du bout du monde avec des prix qui n’ont rien à voir" : pourquoi des agriculteurs dénoncent les accords de libre-échange ?
par Pierre De Baudouin
Des éleveurs de la Confédération paysanne ont mené ce lundi une opération de sensibilisation dans un supermarché des Ulis, en Essonne. Ils dénoncent les effets d’une concurrence déloyale sur une filière "déjà sous tension".
"Le libre-échange délocalise, les paysan·nes relocalisent", peut-on lire sur l’un des autocollants affichés au cours de l’action. En ce lundi de Pâques, des membres de la Confédération paysanne ont organisé une opération dans une grande surface des Ulis, en Essonne, pour dénoncer les accords de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie ainsi que la Nouvelle-Zélande.
Les éleveurs ont planté les drapeaux jaunes de leur syndicat au rayon boucherie, et pointé du doigt la viande d’agneau en provenance de Nouvelle-Zélande. Un pays où les conditions de production sont moins contraignantes qu’en France, dénoncent-ils.
"Les agneaux sont trempés dans des produits chimiques pour nettoyer la laine, qui est aussi valorisée. On retrouve ces produits chimiques, qui sont interdits en France, dans la viande", déplore Valérie Sil, éleveuse et membre du syndicat.
"Cette filière est déjà sous tension"
L’enseigne concernée par l’opération vend également de la viande française. Selon la Confédération paysanne, les accords de libre-échange mènent inéluctablement à une concurrence déloyale.
"Cette filière est déjà sous tension. Au lieu de soutenir l’élevage ovin français, le ministère de la souveraineté alimentaire décide de faire entrer sur le territoire un tiers de la production venant du bout du monde avec des prix qui n’ont rien à voir", jusqu’à deux fois moins élevés, s’insurge Aline Aurais, porte-parole du syndicat en Île-de-France.
Selon la Confédération paysanne, l’agneau consommé à Pâques est majoritairement importé. L’opération du syndicat menée ce lundi matin n’a pas été autorisée par l’enseigne. Le reportage de France 3 Paris Île-de-France a été empêché par les vigiles, et le tournage s’est conclu à l’extérieur de la grande surface.


