(Interview Yonhap) Patron de la ZLECAf : l’Afrique peut devenir un partenaire stratégique de la Corée avec ses ressources minérales et sa transformation industrielle et numérique
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Agence de Presse Yonhap, 11 novembre 2025
By Lee Sae-rom
Interview Yonhap) Patron de la ZLECAf : l’Afrique peut devenir un partenaire stratégique de la Corée avec ses ressources minérales et sa transformation industrielle et numérique
L’Afrique possède le potentiel pour devenir un partenaire stratégique de la Corée du Sud dans les industries automobile et technologique avec ses ressources minérales abondantes et son plan d’industrialisation et de numérisation, a mis en avant Wamkele Mene, secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
«L’Afrique offre de vastes opportunités de partenariats aux entreprises coréennes, en particulier dans les secteurs qui dirigent la transformation industrielle, numérique et verte du continent sous la ZLECAf», a déclaré Mene dans une interview écrite accordée à l’agence de presse Yonhap.
La ZLECAf est un accord commercial qui a été signé en 2018 par tous les Etats membres de l’Union africaine, excepté un, et vise à créer la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de nombre de pays participants. L’accord est entré en vigueur en 2019 et les échanges officiels ont débuté en 2021.
«Des conglomérats (coréens) comme Hyundai, Samsung et LG pourraient établir des centres de production régionaux fabriquant des composants et biens de consommation qui répondent aux règles d’origine et bénéficier de l’accès à la détaxe à travers le continent», a noté Mene.
«Le nouveau dialogue Corée-Afrique sur les minerais cruciaux crée aussi des opportunités pour des coentreprises dans le traitement de lithium, cobalt et graphite, projets qui peuvent générer des emplois qualifiés et intégrer l’Afrique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des véhicules électriques et des batteries, tout en renforçant la sécurité des chaînes d’approvisionnement de la Corée», a-t-il ajouté.
Le dialogue bilatéral sur les minerais cruciaux a été officiellement lancé en février dernier dans le but d’accroître les relations économiques entre les deux parties, comme convenu lors du sommet Corée-Afrique auquel ont participé 48 pays africains l’année dernière.
Des participants du Forum d’Affaires Corée-Afrique posent pour une séance photos, le mercredi 21 mai 2025, à l’hôtel Grand Hyatt Seoul à Yongsan, dans le centre de la capitale.
En mai, la Corée et la ZLECAf ont également signé un protocole d’entente en vue de créer un fonds de coopération destiné à faciliter le commerce entre les deux parties et à renforcer les liens institutionnels et techniques.
«L’industrie manufacturière et l’industrialisation sont au centre de l’agenda de croissance de l’Afrique», a souligné Mene. «L’excellence technologique et l’efficacité de la production de la Corée peuvent aider à bâtir les chaînes de valeur régionales dans l’automobile, l’électronique et la machinerie, et permettre aux économies africaines d’aller des exportations de matières premières vers la fabrication et l’assemblage.»
Le patron de la ZLECAf a noté que l’économie numérique et l’industrie verte pourraient aussi devenir une frontière prometteuse pour la coopération économique entre la Corée et l’Afrique.
«Avec les secteurs mobile et fintech en plein expansion en Afrique, le leadership mondial de la Corée dans les TIC et les infrastructures intelligentes offrent de grandes synergies», a-t-il estimé.
A titre d’exemple, la plate-forme douanière coréenne Uni-Pass est déjà utilisée au Ghana et en Tanzanie, a-t-il rappelé, en notant les efforts de Séoul visant à transférer des technologies pour faire avancer les systèmes du commerce, de l’e-commerce et du numérique public
Le système Uni-Pass fait référence à un système de dédouanement électronique développé et mis en place par le Service des douanes coréennes (KCS). Il numérise et automatise l’ensemble du processus douanier dans le cadre des efforts visant à faciliter le commerce.
Concernant l’industrie verte, l’expertise de la Corée dans les énergies renouvelables, l’agriculture climato-intelligente et la fabrication de VE pourrait aider l’Afrique à favoriser la transition verte et à approfondir sa capacité industrielle, a suggéré Mene.
«Enfin, l’expertise reconnue de la Corée dans le développement d’infrastructures et de villes intelligentes, allant de ports et ponts à des couloirs logistiques intelligents, peut aider à combler le fossé dans les infrastructures en Afrique et favoriser la mise en place de la ZLECAf», a-t-il ajouté.
Pour ce faire, Mene a noté que la ZLECAf travaillerait pour offrir aux entreprises coréennes un marché «prévisible» et «unifié» de plus de 1,4 milliard de personnes, en harmonisant les règlements, en abaissant les droits de douane et en simplifiant les procédures douanières afin d’éliminer les barrières qui ont précédemment fragmenté les économies africaines.
«En combinant l’expertise technologique de la Corée et la capacité d’investissement avec de vastes ressources et le marché intégré croissant de l’Afrique, le partenariat ZLECAf-Corée pourra diriger l’industrialisation, l’innovation numérique et la croissance durable à travers le continent pour des bénéfices mutuels et la prospérité commune», a-t-il souligné.
Le secrétaire général de la ZLECAf prononcera un discours liminaire au Future Economic Forum qui sera coorganisé par l’agence de presse Yonhap et la Fondation Corée-Afrique (KAF) ce vendredi à Séoul.
Le forum à venir se déroulera sous le thème «Redécouverte de l’Afrique : Faire un bond en avant avec la Corée du Sud». Il rassemblera des officiels de représentations diplomatiques africaines à Séoul, des représentants de la KAF et des experts du monde académique et du secteur privé pour des discussions sur la conjoncture économique actuelle et les perspectives de l’Afrique, les stratégies pour la coopération Corée du Sud-Afrique et les défis importants.


