Nouvelle-Calédonie et Vanuatu dans un accord de libre-échange

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Les Nouvelles Caledoniennes | 14 février 2019

Nouvelle-Calédonie et Vanuatu dans un accord de libre-échange

par Yann Mainguet

ÉCONOMIE. La déclaration est signée. Les gouvernements calédonien et vanuatais s’engagent dans un accord de libre-échange, facilitateur du développement des affaires entre les deux pays.

« Cette liste fera des petits », sourit Philippe Germain, tandis qu’à ses côtés, Charlot Salwai en est convaincu, « ce premier sommet économique marquera l’histoire de nos relations ».

Le président du gouvernement calédonien et le Premier ministre du Vanuatu ont signé, hier à la CPS, une déclaration conjointe relative au développement des échanges économiques et commerciaux entre les deux archipels. Déclaration qui esquisse les grandes lignes d’un futur accord de commerce bilatéral dont l’entrée en vigueur pourrait intervenir durant le second semestre 2019. Dans les prochaines semaines, le Congrès et le Conseil des ministres du pays voisin, examineront le texte.

Des actes ou des silences le prouvent, « dans les années passées, il y a eu des hauts et des bas, mais le souhait de travailler ensemble était toujours là », admet Charlot Salwai.

Applaudie hier par des représentants de la CPME, du Medef, ou encore par l’indépendantiste Roch Wamytan, l’ambition du futur accord de commerce semble largement partagée. Le principe est simple sur le papier : le libre-échange de plus de quatre-vingts produits - une quarantaine pour chaque pays (lire par ailleurs) -, c’est-à-dire sans droits de douane, ni restriction quantitative dans une liste de biens déterminée. Une règle de base, « on se développe mutuellement sans se porter concurrence », observe Philippe Germain.

Un comité créé

La Nouvelle-Calédonie peut, dans ce cadre, importer des ignames, du manioc, des agrumes ou des patates douces du Vanuatu, face à un constat répété hier à la CPS : des pénuries ponctuelles, ou surtout un taux de couverture de la production locale dans l’alimentation calédonienne chiffré à 20 % - avec un objectif de 30 % à l’horizon 2025. Bref, il y a encore un delta favorable aux échanges. Débattu durant de longs mois, le projet d’accord comprend diverses dispositions encadrant cette nouveauté commerciale pour les deux pays. Qui s’engagent bien sûr, tout d’abord, à supprimer les droits de douane sur ces produits. En cas de menace pour son tissu industriel, l’une des deux parties peut décider de raugmenter ses tarifs douaniers après en avoir averti le partenaire. En outre, la gouvernance de l’accord est organisée autour d’un comité économique et commercial créé. Une entité qui va veiller à la mise en œuvre du dispositif et statuer sur l’évolution du périmètre des listes de produits et services.

Politiques ou chefs d’entreprise l’ont souligné, « l’accord commercial ouvre la voie ». Pour de la coopération administrative, de l’aide au développement, ou une intensification des affaires. Plus de soixante « success stories » sont déjà recensées auprès d’entreprises entre la Calédonie et le Vanuatu. Une nation qui a des idées et des besoins. « Un des objectifs, pour nous, est de renforcer la résilience du secteur privé », a appuyé Shaun Gilchrist, président de la Chambre de commerce et de l’industrie à Port-Vila. « Nous voulons des investissements honnêtes, justes, équitables ».

- Repères

Les produits

La déclaration conjointe évoque des familles de produits, certaines font toujours l’objet de discussions entre les autorités des deux pays.

Du Vanuatu vers la Calédonie : fève de cacao, arachides, kava, agrumes, ananas, tubercules, ignames, manioc, patate douce, carotte, sauce tomate, jus, vinaigre, confiture, café de Tanna, eau de source, jus de noni, déchets d’aluminium, artisanat de bois, paréo…

De la Calédonie vers le Vanuatu : espèce porcine, thon frais, thon congelé, corned-beef, thon conserve, cassoulet, saucisson, jambon, pâtes alimentaires, fromage, yaourts, farine, agrégats, ciment, scories, poutres béton, charpente en bois, élingues, tubes PVC, cuves à eau, piscines, aérosols, peintures, textiles imprimés…

A creuser

Les données chiffrées récentes ne sont pas aisées à trouver sur les échanges entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

Le Caillou importe essentiellement du kava et un peu de bois du pays voisin. Qui lui reçoit du textile, de la charcuterie, mais aussi des services made in Calédonie : formation, géolocalisation, développement informatique…

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