Voitures électriques, droits de douane, visas : la Chine signe un accord commercial avec le Canada
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Sud Ouest avec AFP | 16 janvier 2026
Voitures électriques, droits de douane, visas : la Chine signe un accord commercial avec le Canada
En visite en Chine, le Premier ministre canadien a signé avec le président chinois Xi Jinping un accord commercial, signe d’un dégel entre les deux pays après huit ans de brouille
Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé ce vendredi à Pékin un accord entre son pays et la Chine ouvrant la voie à une réduction des droits de douane que les deux pays s’étaient imposés réciproquement ces dernières années, mais aussi favorisant la circulation des personnes.
« Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane. Le Canada s’attend à ce que la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d’ici au 1er mars », a déclaré M. Carney devant la presse lors de la première visite d’un chef de gouvernement canadien en Chine depuis huit ans, après des années de brouille.
« Un accord bien plus prometteur »
Dans la foulée, le Premier ministre canadien a annoncé que son pays autorisera l’entrée de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels « de 6,1 % ». « Cela représente un retour aux niveaux qui existaient avant les récentes frictions commerciales. Mais c’est un retour dans le cadre d’un accord bien plus prometteur pour les Canadiens », a indiqué M. Carney devant la presse, après une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, signe de la fin de la crise diplomatique entre les deux pays.
« Nous nous attendons à ce que, dans les trois prochaines années, cet accord génère des investissements chinois considérables dans le secteur automobile canadien, créant ainsi de bons emplois au Canada et accélérant notre transition vers un avenir à zéro émission nette et vers l’industrie automobile de demain », a-t-il affirmé.
Il a ensuite affirmé ses concitoyens pourront bientôt se rendre dans le pays asiatique sans visa. « Je suis très heureux d’annoncer que le président (chinois) Xi (Jinping) s’est engagé, lors de notre réunion d’aujourd’hui, à garantir l’accès sans visa pour les Canadiens se rendant en Chine », a-t-il indiqué.
Ces annonces concrétisent ce que M. Carney et M. Xi, au début de leurs entretiens, ont présenté comme l’avènement d’un nouveau partenariat, après des années de fâcherie entre leurs pays soumis aujourd’hui aux pressions américaines. « Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique », a dit Mark Carney. Son hôte au Palais du peuple a parlé de « nouveau chapitre » ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.
« Investissements considérables »
Ces discussions, saluées à l’époque comme un « tournant » par M. Carney, ont ouvert la voie au réchauffement matérialisé cette semaine en Chine. M. Xi avait alors invité M. Carney en Chine. Depuis, les échanges entre les deux gouvernements pour « restaurer et relancer la coopération dans différents domaines […] ont produit des résultats positifs », a déclaré vendredi M. Xi. « J’en suis heureux », a-t-il dit.
M. Carney est arrivé mercredi en Chine avec pour objectif de tourner la page de relations dégradées et de stimuler les échanges commerciaux. Les rapports sino-canadiens se sont fortement détériorés en 2018 avec l’arrestation par les autorités canadiennes d’une responsable du géant chinois Huawei à la demande des États-Unis, suivie de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d’espionnage par Pékin.
Depuis l’été 2024, Ottawa et Pékin s’affrontent sur le front commercial : surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l’acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l’alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux.
« Le Canada s’attend à ce que la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d’ici au 1er mars », a dit M. Carney vendredi aux journalistes. Quant aux véhicules électriques, malgré les inquiétudes du secteur automobile canadien, M. Carney a dit espérer dans les trois prochaines années des « investissements chinois considérables » créateurs d’emplois au Canada.
Face à Trump
Il a répété la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du grand voisin américain, premier partenaire commercial loin devant la Chine. Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
M. Carney a fait vœu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les États-Unis d’ici à 2035. Un nouveau partenariat entre les deux pays contribuera à « améliorer le système multilatéral, un système qui a été mis à rude épreuve ces dernières années », a dit M. Carney vendredi au début de ses discussions avec M. Xi.
« Nous nous concentrons sur des domaines où nous pouvons réaliser des progrès historiques : l’agriculture, l’énergie et la finance. C’est là que nous pouvons obtenir les résultats les plus rapides », a-t-il dit. « Développer de manière saine et stable les relations sino-canadiennes sert les intérêts communs de nos deux pays et contribue à la paix, à la stabilité et à la prospérité mondiale », a souligné M. Xi.


