Gaza : l’UE retarde l’adoption de mesures à l’encontre d’Israël

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Euronews | 15 juillet 2025

Gaza : l’UE retarde l’adoption de mesures à l’encontre d’Israël

Par Maïa de La Baume

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’UE ont décidé de "surveiller de près" le respect par Israël d’un récent accord visant à améliorer l’accès de l’aide humanitaire à Gaza.

L’UE ne "punira" pas Israël pour la manière dont sa guerre à Gaza est menée mais "surveillera de près" la mise en œuvre par le pays d’un récent accord visant à améliorer le flux d’aide dans la bande de Gaza. C’est ce qu’a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’UE à Bruxelles.

Ces derniers étaient réunis pour discuter d’un accord UE-Israël négocié la semaine dernière pour augmenter le nombre de camions humanitaires entrant dans l’enclave, ainsi que l’ouverture de plusieurs autres points de passage. Ils ont également examiné une liste exhaustive de dix options, dont la suspension de l’exemption de visa et le blocage des importations en provenance des colonies juives, en réponse à la violation par Israël de l’accord d’association UE-Israël.

"Israël doit prendre des mesures plus concrètes pour améliorer la situation humanitaire sur le terrain", a déclaré Kaja Kallas, ajoutant qu’Israël avait déjà amélioré l’accès à Gaza et l’acheminement de l’aide. "L’UE suivra de près la manière dont Israël met en œuvre cette entente commune et les engagements pris."

"L’objectif n’est pas de punir Israël, mais d’améliorer la situation à Gaza", a-t-elle ajouté.

Les ambassadeurs de l’Union européenne seront chargés de faire le point sur le respect de l’accord par Israël toutes les deux semaines, et l’UE maintiendra les dix options "sur la table" et "se tiendra prête à agir si Israël ne respecte pas ses engagements".

La semaine dernière, l’armée israélienne a admis une "erreur technique" à la suite d’une frappe qui aurait tué dix personnes, dont six enfants, près d’un point de distribution d’eau à Gaza.

Certains ministres ont exprimé leur frustration face à l’absence d’action concrète contre Israël. Suite à la réunion de mardi, la ministre slovène des Affaires étrangères Tanja Fajon a écrit sur X qu’elle regrettait qu’il n’y ait pas eu de "consensus" lors de la réunion pour suivre la révision de l’accord d’association UE-Israël.

Elle a ajouté qu’un "accord de principe" sur l’amélioration de l’aide humanitaire "ne peut servir d’excuse à l’inaction".

"Nous avons tous la responsabilité de protéger les civils", a-t-elle ajouté.

Avant la réunion de mardi, certains ministres avaient également envoyé des signes clairs indiquant qu’ils souhaitaient prendre des mesures concrètes à l’encontre d’Israël. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que, conformément aux normes européennes et internationales, son pays demanderait la suspension de l’accord d’association UE-Israël, un embargo sur les armes à destination d’Israël et l’interdiction des produits provenant des colonies juives. "Cette guerre doit prendre fin et l’armée israélienne doit se retirer", a-t-il déclaré.

Son homologue français, Jean-Noël Barrot, a également déclaré que la France serait prête à prendre des sanctions à l’encontre des "individus et entités responsables de la colonisation extrémiste et violente" en Cisjordanie occupée et à "cesser tout soutien financier direct et indirect à la colonisation".

source : Euronews

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