Accord commercial UE-Maroc : le Polisario veut relancer la bataille judiciaire

Hespress, 23 Novembre 2025
Par Oum El Ghit Boussif

Accord commercial UE-Maroc : le Polisario veut relancer la bataille judiciaire

Le polisario revient à la charge devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Quelques semaines à peine après l’entrée en vigueur provisoire du nouvel accord commercial entre le Maroc et l’Union européenne (UE), le mouvement séparatiste a annoncé son intention d’introduire un nouveau recours juridique pour tenter de bloquer un dispositif incluant pleinement les régions du Sud du Royaume.

Un signal politique prévisible, mais désormais sans véritable surprise, dans un contexte où le partenariat Maroc-UE se renforce malgré les offensives judiciaires répétées.

Entré en application provisoire le 3 octobre, le nouvel accord de commerce UE-Maroc renforce l’accès des produits en provenance des régions du Sud au marché européen. De même, il modernise les mécanismes douaniers, réadapte les règles d’origine et ouvre davantage la voie aux exportations des filières agricoles, halieutiques et industrielles du Royaume, en tenant compte des investissements réalisés à Dakhla, Laâyoune ou Boujdour.

Comme pour les précédents accords de pêche, d’agriculture ou de partenariat global, l’Union européenne a maintenu une position claire : les provinces du Sud sont couvertes au même titre que les autres régions du Maroc, conformément aux mécanismes commerciaux en vigueur depuis plus d’une décennie.

Cette orientation repose sur une logique économique mais aussi géopolitique, en ce sens que Rabat est devenu un acteur stratégique pour Bruxelles, qu’il s’agisse de sécurité énergétique, de transit logistique, de stabilisation régionale ou de circulation commerciale entre Europe et Afrique.

Dans son annonce, le polisario affirme que l’accord violerait les précédents arrêts de la Cour européenne, accusant l’UE d’intégrer le Sahara « sans le consentement de sa population ».
Cependant, l’argumentaire juridique ne change pas : les séparatistes tentent une nouvelle fois d’obtenir une interprétation politique du droit commercial européen, en considérant qu’ils seraient l’unique représentant légitime des habitants des provinces sahariennes.

Or, à Bruxelles comme dans les capitales européennes, le contexte a profondément évolué. Les conclusions précédentes de la CJUE avaient déjà été contournées en renforçant la procédure de consultation locale et en impliquant directement les élus sahraouis, les chambres professionnelles, les coopératives, les opérateurs privés et les représentants économiques issus des régions du Sud.

Pour l’UE, cette démarche suffit à démontrer que ce sont bien les autorités démocratiquement reconnues sur place qui portent les intérêts de la population, et non une organisation basée à Tindouf.

Ce nouveau recours apparaît donc moins comme un acte juridique que comme une pièce supplémentaire dans la campagne internationale du polisario, fragilisée ces dernières années par un recul diplomatique visible.

En effet, depuis 2020, la dynamique internationale s’est accélérée: plusieurs puissances ont ouvert des consulats à Dakhla et Laâyoune, la position marocaine gagne du terrain au sein des institutions européennes, et la solution d’autonomie est régulièrement qualifiée de « sérieuse, crédible et réaliste » par les acteurs internationaux, jusqu’à être consacrée par la dernière résolution onusienne, 2797, comme l’unique base pour le règlement de ce conflit régional.

Cette nouvelle contestation vise ainsi davantage à créer du bruit médiatique qu’à renverser une réalité diplomatique qui s’est fortement consolidée en faveur du Maroc.

Dans les faits, Bruxelles ne semble plus prête à laisser la question judiciaire freiner sa coopération stratégique avec Rabat. Que ce soit en matière énergétique, industrielle, agricole, sécuritaire ou migratoire, le partenariat Maroc-UE est aujourd’hui l’un des plus denses du voisinage sud.

Et ce nouvel accord commercial constitue une étape supplémentaire, car offre une visibilité économique aux opérateurs européens, sécurise les approvisionnements et consolide les échanges dans une conjoncture mondiale instable.

Face à cela, les offensives du polisario apparaissent de plus en plus comme une bataille symbolique menée dans les couloirs du contentieux européen — mais sans véritable impact sur la trajectoire politique et économique du partenariat entre Rabat et l’Union européenne.

source : Hespress

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