«L’Algérie allait intégrer la grande zone de libre-échange en mars 2007»

posted 10-January-2009

La Nouvelle République | 10 janvier 2008

El-Hachemi Djaâboub, ministre du Commerce à La Nouvelle République :
«L’Algérie allait intégrer la grande zone de libre-échange en mars 2007»

La Nouvelle République : Qu’espère l’Algérie par son adhésion officielle le 1er janvier dernier à la zone arabe de libre-échange ?

El-Hachemi Djaâboub : L’appartenance de l’Algérie au monde arabe est une appartenance historique avant tout. Ce n’est guère une question de poche ! Nous sommes à quelques jours du sommet du Koweït prévu pour le 19 janvier qui se veut être l’union des hommes d’affaires du monde arabe par une une union économique solide. C’est une occasion de voir comment lier le monde arabe par les voies de chemin de fer, les autoroutes, les ponts et les aéroports, comment faire une union douanière, booster les échanges commerciaux, coopérer dans le domaine de la recherche scientifique, de la médecine et de l’enseignement. L’idée du marché commun arabe remonte déjà à 1981 mais beaucoup de problèmes ont surgi. Aujourd’hui, nous commençons à mettre en œuvre cet accord. Depuis 2005, 18 pays sont déjà membres de la zone arabe de libre-échange. Le reste des pays qui n’ont pu intégrer sont la Somalie, le Djibouti et les Iles Comores pour des raisons évidentes. Ils n’ont pas le même niveau économique que les autres pays du monde arabe. Pour l’Algérie, depuis 2005, nous reportons à chaque fois notre adhésion mais en mars 2007, lors du sommet de Riadh, le chef de l’Etat avait déclaré que l’Algérie allait désormais intégrer la grande zone de libre-échange au cours du mois de mars 2007. Malheureusement, ce n’est que cette année que l’adhésion a été officielle. Je tiens à rassurer tous les opérateurs économiques nationaux que les exportations de tous les pays arabes réunis ne représentent que 2% des importations de l’Algérie. Nous avons 60% de nos importations émanant de l’UE. S’il y a lieu d’avoir peur, c’est bien de l’ogre européen. Nous avons beaucoup de produits manufacturés que nous allons exporter vers les pays arabes, ce qui représente un moyen pour développer et booster les exportations hors hydrocarbures vers les pays arabes.

Si les produits importés des pays arabes menacent le produit local, quelles mesures comptez-vous prendre ?

La cause de la zone de libre-échange a été ratifiée et publiée dans le Journal Officiel en 2004 et tous les opérateurs économiques sont censés en avoir pris connaissance, l’avoir lu et compris. En application à l’article 15 de l’accord avec les pays arabes, nous avons le droit de dresser une liste des produits à ne pas importer. Cette liste négative va être élaborée en concertation avec tous ces opérateurs. Je dois les rassurer de manière officielle qu’il n’y a aucun danger. Au contraire, c’est une aubaine pour le produit algérien pour pouvoir l’exporter. Personnellement, je suis tenté par l’exportation des services. Avec les pays arabes, nous avons beaucoup d’occasions à ne pas rater.

Vu la situation politique tendue entre l’Algérie et le Maroc, économiquement parlant, est-ce que les échanges entre les deux partenaires ont été affectés?

A l’heure actuelle, il est vrai que les échanges commerciaux se passent normalement mais la fermeture des frontières est un problème en soi vu le surcoût en matière de transport. Personnellement et en tant que ministre, j’espère que la question du Sahara Occidental, qui sépare les deux voisins et partenaires économiques soit résolue telle préconisée par l’ONU.
Propos recueillis par, Hidayette Bersali

10-01-2009
Hidayette Bersali

source : La Nouvelle République

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