Accord d’association Algérie-UE-commerce des services: Poursuite des négociations après l’adhésion à l’OMC

El Watan, le 4 septembre 2005

Accord d’association Algérie-UE-commerce des services
Poursuite des négociations après l’adhésion à l’OMC

Dans quelques jours, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Seybouse Annaba organisera une rencontre sur la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE).

Les opérateurs économiques de la région est du pays seront réunis à Annaba, où il leur sera expliqué, sous l’encadrement d’experts nationaux et européens de l’euro-développement (programme MEDA), les avantages induits par cet accord, entré en vigueur le 1er septembre dernier. Rappelons que dans un premier temps, il comportera une liste de 2076 lignes tarifaires et concernera exclusivement les matières premières et les intrants destinés au fonctionnement des unités de production (article 9). Hormis les pays européens, c’est le régime de tarification normale habituel qui sera appliqué, explique M Ait Abderrahmane, directeur régional du commerce.

« Avec la mise en vigueur de l’accord avec l’UE, il est logiquement attendu une baisse des prix des produits industriels fabriqués localement, dont la matière première est issue des 25 pays européens. Cette baisse sera de la même proportion que les taxes supprimées à l’importation. Je souhaite que nos opérateurs économiques respectent cela », ajoute t-il.

Pour M. Haddad, directeur de la CCI Seybouse : « Cet accord aura une portée structurante et stratégique. En le mettant en application, notre pays confirme son choix vers un libéralisme économique et s’engage dans la voie de l’économie de marché en s’ouvrant à la compétition dans le cadre d’un espace économique qui rentre pour 60 % de son commerce extérieur. » Selon notre interlocuteur, sa mise en œuvre est immédiate pour les produits industriels et progressive sur 12 ans pour les produits semi-finis et finis. A terme, 95 % des exportations de produits manufacturés algériens destinés à l’Europe seront exemptés de droits de douane.

Interrogé sur les retombées de cet accord sur le secteur des services, M. Haddad a précisé : « Concernant les services, il est convenu que les négociations se poursuivront après l’accession de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec l’effet d’octroyer des préférences particulières à l’Europe. Dans l’intervalle, notre pays bénéficiera de toutes les concessions de l’Europe en faveur des pays membres de l’OMC au titre de l’accord général sur le commerce des services. Il sera cependant accordé à l’UE la clause de nation la plus favorisée pour permettre aux entreprises européennes d’accéder à ce secteur. »

Pour ce qui est de l’impact de l’accord sur l’économie maghrébine, les deux responsables sont unanimes pour affirmer qu’ « au niveau régional, c’est-à-dire maghrébin, et à travers la signature des trois accords d’association les 22 avril 2002 pour l’Algérie, 17 juillet 1995 pour la Tunisie et 26 février 1996 pour le Maroc, l’UE voudrait intégrer ces pays dans un réseau pan-européen de libre-échange. Ce qui implique pour eux la rationalisation du cadre réglementaire et économique, l’amélioration de la compétitivité à long terme, l’accueil des investissements privés européens et l’accélération d’un développement, économique et social, durable ».

Et d’ajouter : « Ce partenariat euro-méditerranéen devra aboutir à la création, horizon 2010, d’une vaste ZLE euro-maghrébine méditerranéenne qui s’étendra également aux pays de l’Europe orientale et centrale. ZLE réciproque pour tous les produits manufacturés, les pays la composant accorderont un accès préférentiel et réciproque pour les produits agricoles des deux rives de la Méditerranée. Globalement, elle sera composée de 40 pays et concernera 800 millions d’habitants. »

N. Benouaret

source: El Watan