Algérie : l’accord d’association menace l’emploi

Aujourd’hui le Maroc

Le 31-8-2005

Algérie : l’accord d’association menace l’emploi

L’entrée en vigueur de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, à compter du 1er septembre, est porteuse de menaces de perte de 1.000 emplois dans le secteur sucrier.

La Fédération algérienne des travailleurs de l’industrie agro-alimentaire, affilée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA-principale organisation syndicale) a fait savoir que les producteurs algériens de sucre devront faire face à l’arrivée sur le marché de 150.000 tonnes de sucre exonérés d’impôt, "ce qui ferait de la société nationale" Enasucre "la première victime de cet accord".

Les 1.000 postes de travail de "Enasucre" sont menacés, ainsi que des milliers d’autres emplois indirects, du fait de la "situation quasi-insurmontable" à laquelle cette entreprise publique est confrontée, est-il précisé. La fédération déplore que "cette quantité de 150.000 tonnes de sucre blanc est opérée sans contrepartie pour la production nationale, qui importe la matière première, à savoir le sucre roux à 5 % de droits de douane". "Cette quantité qui représente 15 % de la demande nationale, soit deux mois de consommation, sera réceptionnée en ce seul mois de septembre, au regard des manifestations d’achat de ce produit en cette période qui précède le mois de ramadan", ajoute la Fédération.

" Devant cette situation de saturation du marché, il serait difficile pour les entreprises de production d’écouler leurs produits et subiraient, à coup sûr, une période de mévente qui risquerait d’être fatale pour leur survie", avertit l’Organisation syndicale. Les opérateurs algériens de l’agro-alimentaire ont exprimé récemment des inquiétudes quant à l’avenir de leur secteur, du fait de l’entrée en vigueur de l’accord d’association Algérie-UE.

Issaad Rabrab, directeur du groupe de production (Cevital) a souligné "le déséquilibre dans les concessions accordées entre les deux parties" en relevant que le secteur sucrier devra faire face à l’arrivage de 150.000 tonnes de sucre blanc, en exonération totale d’impôt, alors que l’Algérie ne bénéficie pas d’une mesure réciproque, car elle ne pourra exporter qu’à compter de juillet 2006.