«L’Algérie n’est pas prête à un tarif de 0% d’un seul coup»

La Nouvelle République, le 3 mai 2006

Medelci explique la position officielle vis-à-vis de la zone arabe de libre-échange

«L’Algérie n’est pas prête à un tarif de 0% d’un seul coup»

M. Zentar

Si l’Algérie n’est nullement pressée d’intégrer la Zône arabe de libre-échange (ZALE), c’est principalement en raison de la demande faite d’éliminer tous les tarifs douaniers dès l’entrée en application de l’accord.

«Nous ne pouvons pas ramener les tarifs douaniers à 0% d’un seul coup», a rétorqué M. Mourad Medelci, ministre des Finances, quelques minutes après que la ministre de l’Economie des Emirats arabes unis l’eut invitée à accélérer l’adhésion de l’Algérie à cette espace commercial.

En sa qualité de président de la 77e session du Conseil économique et social de la Ligue arabe, l’EAU a fait part de son intérêt de voir l’Algérie accéder à la ZALE dans les délais les plus rapprochés. Pour Mme Loubna Bent Khaled El-Qacimi, l’entrée de l’Algérie permettra d’éviter beaucoup de problèmes, notamment ceux liés à la pression tarifaire.

L’Algérie ne l’entend pas de cette oreille puisqu’elle serait plutôt intéressée par le système dégressif dans le démantèlement tarifaire. Meldelci a révélé que l’Algérie avait proposé d’aller par phase, à l’exemple de l’accord d’association conclu avec l’Union européenne.

Il est important de rappeler qu’au début de l’année, de passage au forum de l’ENTV, le ministre du Commerce, M. El-Hachemi Djaâboub, avait affirmé que la priorité des autorités est de conclure rapidement l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avant d’ajouter que le reste des négociations, dont celles concernant la ZALE, sont mises en «stand by».

Entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2005, la zone n’en est qu’à ses premiers balbutiements.

Les pays arabes signataires de l’accord de la ZALE sont actuellement au nombre de 16. Il s’agit du Maroc, de la Tunisie, de la Libye, de l’Egypte, du Liban, de la Syrie, de la Palestine, de la Jordanie, de l’Irak, du Koweït, de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Sultanat d’Oman, du Qatar, du Bahreïn et enfin du Yémen.

Cette zone devra permettre de dynamiser les échanges commerciaux, développer le tissu industriel, soutenir l’activité économique et l’emploi, augmenter la productivité et améliorer le niveau de vie dans les pays signataires, souligne le texte.

De même, il devra favoriser la coordination des politiques macroéconomiques et sectorielles des pays parties à l’accord, notamment dans les domaines du commerce extérieur, de l’agriculture, de l’industrie, de la fiscalité, des finances, des services et de la douane, en plus de sa contribution à l’harmonisation des législations dans le domaine économique des pays signataires.

Néanmoins, la ZALE rencontre d’innombrables écueils, tant administratifs, techniques que financiers. C’est l’ensemble de l’initiative qui se retrouve en péril au moment où les Etats-Unis ont résolu de créer la grande zone de libre-échange du moyen-orient. Une des limites de la grande zone arabe de libre-échange réside dans le fait que les produits agricoles ne bénéficient pas des réductions tarifaires durant la période de récolte, alors que les régulations techniques et de standardisation restent encore en dehors des préoccupations de la ZALE. Même le programme exécutif du CES de la Ligue arabe portant création d’une union douanière arabe, qui devrait être soumis au 18e Sommet arabe en 2006, est retardé. C’était l’une des conclusions de la réunion qui s’est tenue à Alger en prélude du 17e Sommet de la Ligue des Etats arabes. L’Algérie ne voudrait pas, en définitive, sceller son sort dans une zone encore sujette à turbulences.

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