Zone de libre-échange continentale : Pour des concertations nationales, inclusives et démocratiques

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Coalition Nationale "Non aux APE" | 10 avril 2017

Zone de libre-échange continentale : Pour des concertations nationales, inclusives et démocratiques

La Coalition Nationale Non aux APE informe l’opinion qu’elle a été invitée le 28 mars 2017 par le Ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des PME à prendre part à l’atelier national de concertation sur les négociations de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC) tenu le 30 mars 2017 à la Direction du Commerce Extérieur. La Coalition a pris part à cet atelier. Ce même 30 mars 2017, la Coalition a reçu une lettre du ministre en date du 29 mars 2017. Dans cette lettre le ministre du commerce dit « Par lettre en date du 22 décembre 2016 vous sollicitiez une rencontre dans le cadre du dialogue sur l’APE Afrique de l’Ouest-Union Européenne pour échanger sur l’APE ainsi que les perspectives ouvertes. Votre Coalition souhaiterait aussi avoir des informations sur la Zone de Libre échange Continentale (ZEC) et la position de l’Etat du Sénégal sur ce processus d’intégration. A cet égard, je vous marque son accord de principe pour la tenue de cette rencontre. La date et l’heure vous seront communiquées ultérieurement. ».

La Coalition se félicite de cette invitation ainsi que de cette lettre du ministre même si elles arrivent trois mois après sa demande.

La Coalition se désole de ce que des citoyens arrivent difficilement à échanger avec les autorités de ce pays sur des questions aussi importantes que les APE et la ZLEC. Rappelons que c’est la deuxième fois que la Coalition est obligée de se battre pour avoir une rencontre avec les autorités. La première fois, une demande de rencontre avait été déposée le 24 février 2015. Ce n’est que le 8 mai 2015 que le ministère du commerce prendra contact avec nous pour une réunion devant se tenir le 12 mai 2015. Il a fallu qu’une lettre d’information à la préfecture de Dakar pour un sit-in soit déposée le 5 mai 2015 pour avoir ce résultat. La mairie de Médina nous a refusé l’accès à sa salle de réunion. A Tivaouane il a également fallu se battre pour pouvoir y tenir une conférence au CDEPS. Lors d’une conférence sur le franc CFA au centre culturel Blaise Senghor, le directeur avait demandé à la Coalition de remballer les t-shirts Non aux APE qu’elle vendait. Il dira que s’il avait su que la Coalition serait là, il n’aurait pas accordé la salle pour la présentation du livre : « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? ». Rappelons également qu’en 2016, douze (12) membres de la Coalition ont été arrêtés. Le Front anti CFA d’Urgence Panafricaniste qui voulait tenir un rassemblement le 8 avril dernier à Dakar n’a reçu l’arrêté d’autorisation que moins d’une heure avant la manifestation devant avoir lieu à partir de 14 heures. C’est dire que le débat sur les APE, le franc CFA les autres questions de souveraineté dérange. C’est ce qui explique les répressions allant du refus à accorder des salles de réunion, à la répression policière en passant par le piétinement du droit des citoyens à manifester. Voilà pourquoi luttes pour la souveraineté économique et luttes pour la souveraineté démocratique sont indissociables. Pour maintenir un système de non souveraineté économique il faut instituer, pour le pérenniser, un système de non souveraineté démocratique.

C’est pourquoi, la Coalition félicite ses membres pour ces batailles gagnées sur le chemin de la souveraineté démocratique et salue l’implication du Front anti APE et anti CFA dans l’obtention de cette réunion avec le ministre du commerce. Cela prouve encore la nécessité de l’unité de toutes les organisations opposées aux APE, au franc CFA, aux bases militaires étrangères, et aux autres moyens de pillage des ressources de l’Afrique et de domination de ses peuples.

La Coalition invite les camarades et citoyens des autres pays d’Afrique à interpeller inlassablement leur gouvernement. Aucune contrainte ne doit décourager les peuples dans leur lutte pour exiger de leurs gouvernements qu’ils les informent, qu’ils recueillent leurs avis et que ceux-ci soient considérés comme l’avis de leur pays.

La Coalition continue de penser qu’il faut refuser de plonger les pays de l’Afrique de l’Ouest et leurs peuples dans l’APE avec l’Union Européenne.

La Coalition fera parvenir dans les meilleurs délais ses avis et propositions sur l’APE et la ZLEC au ministre du commerce. Mais également participera activement au renforcement et à l’approfondissement du dialogue national sur ces deux questions.

Le Bureau exécutif de la Coalition Nationale NON AUX APE Le 10 avril 2017