Ape : l’Afrique centrale poignardée dans le dos

Le Messager | Yaoundé | 10.10.2007

Ape : l’Afrique centrale poignardée dans le dos

Par Nadège Christelle BOWA

L’Union européenne semble ne plus être disposée à accepter le principe d’inclure dans le texte de l’Accord la création du Fonds régional Ape.

L’échéance du 30 décembre 2007 pour la signature des nouveaux accords de partenariat économique s’approche et les divergences entre les parties ne cessent de se multiplier. La dernière date du lundi 08 octobre dernier à Yaoundé, à l’occasion de l’atelier de validation des positions de négociations Ape Afrique centrale-Union européenne. Présidée par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) Louis Paul Motazé, cette rencontre avait pour but d’aplanir les dernières divergences sur le chemin de la signature des Ape en décembre prochain.

Pour mieux appréhender les raisons de la nouvelle brouille entre les deux parties, il faut savoir que le Cameroun et l’Afrique centrale doivent arrêter définitivement une position par rapport à la signature ou non de l’Accord de partenariat économique (Ape). Cette position était déjà presque esquissée en juillet dernier, à l’issue de la concertation régionale de Yaoundé, entre les négociateurs de l’Union européenne et ceux de la zone Cemac. Mais, entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. L’Union européenne ne semble plus disposée à accepter le principe d’inclure dans le texte de l’Accord la création du Fonds régional Ape.

Ce fonds est un gage que les pays Acp, inquiets des risques liés au démantèlement des barrières douanières, avaient exigé comme préalable pour financer les pertes de recettes douanières et le renforcement des capacités des pays Acp. Le principe semblait acquis. Un document d’orientation générale de cette dimension développement avait même déjà été élaboré. Mais au cours d’une concertation tenue le 28 septembre, à Kinshassa, en Rdc, les négociateurs de l’Union européenne ont présenté un autre projet de texte ne faisant plus allusion à la mise en place de ce fond. Une pilule amère que le Cameroun et la Cemac n’entendent pas avaler. Un autre round des négociations est prévu dans trois semaines à Bruxelles. Des négociations qui s’annoncent difficiles

Le 4 octobre dernier, près d’une centaine d’industriels d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont initié une pétition contre l’Accord de partenariat économique (Ape). Ces industriels sont résolument engagés à boycotter la signature de l’Accord de partenariat économique. Concernant le Cameroun, les sociétés déjà signataires de ce pamphlet sont La Pasta, Golden Flour Factory, Panzani, Sitrabcam, Smasa, Plasticam. La bataille contre les Ape est donc loin d’être terminée.

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source: Le Messager