Bruxelles: des manifestants tentent d’encercler un sommet de UE, une centaine d’interpellations

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Romandie | 15 octobre 2015

Bruxelles: des manifestants tentent d’encercler un sommet de UE, une centaine d’interpellations

Bruxelles - Quelque 600 personnes opposées au projet d’accord de libre-échange Tafta, actuellement en discussion entre l’Union européenne et les Etats-Unis, ont tenté jeudi d’encercler le sommet de l’UE à Bruxelles, a indiqué la police belge, qui a procédé à une centaine d’interpellations, notamment de militants espagnols.

Répondant à l’appel d’associations, de syndicats et de partis politiques de gauche belges, les manifestants ont été rejoints dans le quartier des institutions européennes de Bruxelles par quelque 120 membres de l’euro-marche, partis d’Espagne, de France, d’Italie ou encore de Grèce.

Après avoir écouté concerts et discours sous une pluie glaciale, ils se sont éparpillés par groupes aux alentours des bâtiments de la Commission, du Parlement et du Conseil européens, où les 28 sont réunis en sommet pour discuter de la crise migratoire en Europe.

Les protestataires ont bloqué plusieurs axes routiers importants du quartier Schuman, qui avait été placé sous haute protection policière en raison de la présence des dirigeants européens.

Pour les empêcher de pénétrer dans le périmètre de sécurité, la police a procédé à 104 interpellations, dites arrestations administratives, selon l’agence de presse Belga, qui a fait état de violences entre manifestants et policiers.

Une personne en possession d’un couteau a par ailleurs été mise à la disposition de la justice.

L’objectif était d’empêcher le blocage de l’entrée des dirigeants européens au sommet, a expliqué le porte-parole de la police, Christian De Coninck. En principe, les personnes arrêtées administrativement sont remises en liberté au bout de quelques heures.

’Partis de Gibraltar’

Selon la député européenne espagnole Marina Albiol, qui était présente à la manifestation, une trentaine d’Espagnols figuraient parmi les personnes interpellées. Une vidéo publiée sur Twitter par l’élue de gauche montre une vingtaine d’hommes et de femmes assis par terre, entourés par des policiers et les mains menottées dans le dos.

Selon les tweets de Mme Albiol, les manifestants sont restés deux heures dans cette position, sous la pluie, et trois personnes ont dû être hospitalisées: deux pour hypothermie et l’autre à la suite d’une crise d’épilepsie.

La vidéo montre ensuite les personnes interpellées monter dans un autocar de la police. Quelque 150 autres manifestants se sont alors dirigés vers le commissariat où leurs camarades avaient été emmenés, mais ils ont à leur tour été stoppés par la police, a précisé Belga.

Selon le site d’information espagnol Publico.es, trois députés régionaux du parti de la gauche radicale espagnole Podemos font partie des manifestants appréhendés.

On est parti de Gibraltar, on a touché les paradis fiscaux d’Andorre, de Gibraltar, du Luxembourg. L’expérience grecque montre qu’il est très difficile de changer les choses dans un seul pays. Il faut faire une Europe basée sur la solidarité, avait lancé en début de manifestation le professeur Pedro Arrojo, de l’université de Saragosse (Espagne).

Encouragés par le succès surprise de la manifestation qui a rassemblé entre 100.000 et 250.000 personnes contre les projets de libre-échange UE-USA-Canada le 10 octobre à Berlin, les organisateurs dénoncent le manque de transparence des négociations en cours.

Les principales cibles sont l’accord TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership, en français Tafta), dont le prochain round de négociations doit avoir lieu fin octobre aux Etats-Unis à Miami (Floride), qui vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les Etats-Unis et l’Europe, et l’accord similaire en cours de discussion avec le Canada.

Les opposants à ces traités redoutent que, s’ils sont ratifiés, ils ne débouchent sur une dérèglementation généralisée et un recul du champ d’action des gouvernements.

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source: Romandie