Ile Maurice: Les accords de partenariat économique menacent le sucre

L’Express (Port Louis)

6 Avril 2007

Ile Maurice: Les accords de partenariat économique menacent le sucre

Alain Barbé
Port Louis

Après la baisse de 36 % du prix du sucre, de nouvelles menaces pèsent sur ce secteur. Dans le cadre des Accords de partenariat économique (APE), la Communauté européenne (CE) se propose d’ouvrir totalement son marché aux importations des pays Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP), sans droits de douane et sans quotas.

Cette offre serait mise en application dès l’entrée en vigueur des accords pour tous les produits, à l’exception du riz et du sucre. Pour ces deux denrées, l’introduction d’un régime sans droits et sans quotas serait progressive, sur une période transitoire.

"Les menaces sur le secteur sucre se précisent. Pour nous, ce n’est pas une surprise. Nous aurons à préparer notre stratégie pour faire face à la position européenne. Très certainement, la question occupera une place de choix à la conférence ministérielle spéciale sur le sucre qui aura lieu aux îles Fidji du 30 avril au 4 mai", estime-t-on dans les milieux de la Chambre d’agriculture.

Les dispositions transitoires pour le sucre seront en deux phases, sur la période du 1er janvier 2008 au 30 septembre 2015. La première phase prévoit la continuation du protocole sucre (avec prix garanti) jusqu’au 30 septembre 2009. Les ACP non-Pays moins avancés (PMA), qui ne sont pas parties prenantes au Protocole sucre, auront un accès initial au marché. L’offre de l’Union europénne prévoit aussi un accès au marché additionnel pour les ACP non-PMA parties prenantes au Protocole sucre.

La deuxième phase, qui s’étend du 1er octobre 2009 au 30 septembre 2015, prévoit un accès libre pour le sucre ACP, sous réserve d’une clause automatique de sauvegarde liée aux quantités importées. Cette sauvegarde ne s’appliquerait qu’aux ACP non-PMA et permettrait une augmentation substantielle des exportations.

De plus, jusqu’en septembre 2012, les importateurs de sucre ACP ne pourront payer moins qu’un niveau de prix établi. Après 2012, un système d’information sur les prix, basé sur le système actuel, assurerait la transparence du marché.

À partir du 1er octobre 2015, le sucre ACP serait libre de droits et de quotas, sous réserve d’une clause de sauvegarde spéciale pour le sucre. Cette clause serait basée sur celle de sauvegarde ordinaire des APE, avec les ajustements nécessaires pour prendre en compte le caractère sensible du sucre.

source: allAfrica.com