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Libre-échange : Le marché européen encore inaccessible aux PME locales

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Camer.be | 17 août 2020

Libre-échange : Le marché européen encore inaccessible aux PME locales

Les grandes entreprises, filiales des multinationales s’arrogent la part du lion sur le gain fiscal lié au démantèlement tarifaire. Les PME accusent les barrières non tarifaires et le manque de financement.

Selon les données croisées du ministère des Finances et de la Délégation de l’Union européenne (UE) au Cameroun, les exportations du Cameroun vers le marché européen sont estimées à 46% de l’ensemble ses exportations. Ses importations en provenance de l’UE sont d’environ 35% de l’ensemble de ses importations. L’analyse des échanges commerciaux entre le Cameroun et l’Union européenne montre que le chapitre « machines, appareils, et engins mécaniques ; parties de ces machines ou appareils » arrive en tête des déclarations qui bénéficient de l’Accord de partenariat économique bilatéral entre le Cameroun et l’Union européenne (APEB/Cam-UE).

Ce profil est conforme aux prévisions des deux parties. D’ailleurs, le coordonnateur national de la coopération Cameroun-UE, Aliou Abdoullahi, s’en félicite. «Il faut vraiment prendre conscience que l’APE vise d’abord à rendre l’économie camerounaise compétitive. L’importation des machines est donc une excellente chose pour le Cameroun. Cela veut dire que notre industrie se modernise. C’est un gage de la compétitivité future des entreprises camerounaises. Ce qui est indispensable si nous voulons que notre économie puisse conquérir des nouveaux marchés», pense-t-il. Le hic, c’est que les exportations camerounaises à destination de l’UE restent assez timides. Le président du mouvement des entreprises du Cameroun (Mecam), Daniel Claude Abate, voient deux principales pesanteurs qui empêchent les opérateurs économiques locaux de bénéficier pleinement de l’APE.

« Malgré la suppression des barrières tarifaires, il reste encore de nombreuses barrières non tarifaires (normes, qualité, etc.) pour accéder au marché de l’UE ; le premier groupe de produits concernés par le démantèlement tarifaire ce sont les machines. Or, pour importer des machines de l’UE, il faut des financements. Ce que les entreprises camerounaises n’ont pas toujours. Résultats, ce sont les grandes entreprises, majoritairement des filiales des multinationales, qui en profitent le plus. » Barrières non tarifaires La cellule d’appui du Fonds européen de développement (FED) aide le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) dans l’élaboration d’une stratégie en vue de capter les fonds de l’UE pour la mise en oeuvre de l’APE. Ce qui fonde l’optimisme d’Aliou Abdoullahi. « Nous faisons de notre mieux pour que le Cameroun bénéficie au maximum des mesures d’accompagnements qui sont prévus dans l’Accord de Cotonou et dans l’APE. Ce d’autant plus que c’est à nous de proposer une stratégie… », rassure-t-il.

Les mesures envisagées tournent autour du renforcement des capacités, de la mise à niveau des entreprises, l’amélioration du climat des affaires ; des études de faisabilité pour la maturation des projets. En gros, il s’agit des services non financiers mais qui visent à faciliter l’obtention des services financiers, c’est-à-dire le financement des investissements. D’après le comité de suivi et de mise en oeuvre de l’APE, 41% des opérateurs qui sollicitent les avantages de l’APE sont des moyennes entreprises (ME) contre 39% de grandes entreprises (GE). Mais les GE représentent 76% en termes de volumes d’opérations contre 18% pour les ME. Bien plus, les GE les grandes entreprises bénéficient de 77% du gain fiscal alors que les moyennes entreprises n’en captent que 18%. D’une manière générale, l’on note une concentration des bénéficiaires de l’APE autour de quelques opérateurs. Un phénomène qui s’amplifie d’une année à l’autre.

Dès la deuxième année du démantèlement, les cinq plus gros opérateurs représentaient déjà 54% du manque à gagner (gain fiscal) ; les dix plus gros opérateurs en avaient capté 71% tandis que les 20 premiers opérateurs étaient responsables de 82% du manque à gagner. Au cours de la première année, ces ratios étaient respectivement de 52% ; 63% et 75%.


 source: Camer.be