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Libre-échange : une conception des traités à revoir

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Photo: Frederick Florin / AFP

Les Echos | 1 décembre 2019

Libre-échange : une conception des traités à revoir

Par Christian de Boisredon (Fondateur de Sparknews)

La politique commerciale internationale est très contestée, comme l’a montré encore récemment la controverse sur le Ceta , l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Ursula von der Leyen en est bien consciente. Dans son programme pour l’Europe, la présidente de la Commission écrit « le commerce n’est pas une fin en soi. Je veillerai à ce que tout nouvel accord conclu comporte un chapitre consacré au développement durable et adhère aux normes les plus élevées de protection en matière de climat et d’environnement ».

D’un côté, il y a ceux qui plaident en faveur de l’impact positif des accords pour la croissance économique, alors que les opposants soulignent l’intensification de la concurrence pour les producteurs européens, avec des produits qui peuvent ne pas respecter les normes environnementales et sanitaires. Le transport génère également des émissions de gaz à effet de serre (GES), rappelait encore Nicolas Hulot en septembre 2019 en dénonçant le Ceta, même si d’autres experts observent que cela ne représente que 3,5 % des GES mondiaux.

Mais est-ce qu’on ne se trompe pas de bataille en voulant verdir des traités de libre-échange alors qu’il faudrait encourager au sein de ces accords d’autres types d’action, plus contributives ? L’agriculture biologique et raisonnée, les services éducatifs et créateurs de lien social sont fondamentalement bien plus contributifs et créateurs d’emploi et de bien-être, aussi bien pour les producteurs que les consommateurs.

Question de bon sens

On peut aussi se poser la question de bon sens : est-il sain que les fruits et légumes que nous consommons aient parcouru en moyenne 2.400 km ? Pourquoi, par exemple, favoriser le commerce international de la viande quand on sait que 80 % de la déforestation est due à l’élevage et l’alimentation animale ? Si aujourd’hui la croissance contributive est minoritaire, il est urgent de la favoriser pour qu’elle se développe, d’autant qu’elle est créatrice d’emplois et de répartition des richesses au Nord comme au Sud. Les accords internationaux devraient jouer ce rôle, et pas seulement à la marge.

Si la croissance économique est la principale raison des accords multilatéraux, ne faut-il pas dissocier deux types de croissance et faire des accords courageux d’un point de vue environnemental ? La croissance peut avoir un impact négatif sur le social et l’environnemental. Il faudrait lui préférer une croissance contributive.


 source: Les Echos