Un accord de libre-échange est-il éthique?

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20.01.2014 La tension restait forte au lendemain de la manifestation entre opposants au régime du président Ianoukovitch et la police dans le rues de Kiev. Photo: AFP/Sergei Supinsky

20Minutes.ch | 20 janvier 2014

Un accord de libre-échange est-il éthique?

Le Gouvernement suisse planche sur un projet d’alliance économique avec la Russie. Mais celle-ci s’appliquerait aux pays signataires de l’union douanière avec Moscou, dont la controversée Biélorussie.

C’est l’Association européenne de libre-échange (AELE) qui souhaite conclure cet accord. Mais depuis 2009, la Russie s’est étroitement liée avec certains de ses voisins, dont le Kazakhstan et la Biélorussie. La signature d’un accord de libre-échange avec Moscou signifierait une application automatique de ce dernier avec les pays membres de l’union douanière.

La Suisse se retrouve alors face à un dilemme, rapporte lundi le «Tages-Anzeiger». En 2006, elle a pris des mesures coercitives contre le régime autocratique du président biélorusse Alexandre Loukachenko: une trentaine de personnes sont interdites de territoire et les fonds placés par les membres et proches du régime sont bloqués. En 2009, l’Union européenne a suivi le mouvement.

Entre éthique et logique économique

A l’instar de l’accord signé avec la Chine, celui prévu avec Moscou et consorts fait débat. Pour ses partisans, une alliance commerciale pourrait relancer les discussions autour des droits de l’homme. Et la Russie, qui a absorbé près de 3 milliards de francs d’exportations en 2012, est un partenaire de taille. Pour ses opposants, il n’aura d’effet qu’au niveau économique.

L’Ukraine se déchire

L’union douanière est un des chevaux de bataille du président russe Vladimir Poutine depuis 2011. Le but, créer d’ici à 2015 une entité comparable à l’Union européenne (UE) sur le plan de la liberté des échanges. Moscou s’est donc lancé dans une campagne intensive de séduction des anciens membres de l’Union soviétique.

Pour le moment, seuls le Kazakhstan et la Biélorussie ont signé. Mais l’administration Poutine met la pression sur la Géorgie et la Moldavie, ainsi que le Tadjikistan et le Kirghizistan, deux pays connus pour des violations massives des droits de l’homme.

En Ukraine, cette union douanière plonge le pays dans une période de trouble politique. Alors que le pays s’apprêtait à signer un accord d’association avec l’UE, le gouvernement annonçait sa volonté de se rapprocher de Moscou et d’adhérer à l’union douanière. Depuis, les pro-européens manifestent leur mécontentement, parfois violemment réprimé.

Diaporama : Tensions en Ukraine, après l’échec du rapprochement avec l’UE : cliquez ici

source: 20Minutes