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APE Cameroun-Union européenne : les grandes entreprises et les filiales des multinationales grandes gagnantes (Gicam)

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Ecofin | 17 octobre 2019

APE Cameroun-Union européenne : les grandes entreprises et les filiales des multinationales grandes gagnantes (Gicam)

par Sylvain Andzongo

(Agence Ecofin) - « Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’APE [Accord de partenariat économique], pour l’instant, profite davantage aux grandes entreprises et aux filiales des multinationales. A contrario, la PME, le consommateur final et les chercheurs d’emploi ne ressentent pas encore les fruits de cet accord. » C’est l’analyse faite par le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) dans son récent bulletin d’informations interne.

Depuis le 4 août 2016, date consacrant l’ouverture du marché camerounais aux importations en provenance de l’Union européenne (UE), l’organisation dirigée par l’industriel Célestin Tawamba estime que le gain fiscal pour les entreprises bénéficiaires (perte fiscale pour les finances publiques) est de plus de 10,6 milliards FCFA. Toutefois, ce sont dix grandes entreprises, filiales de multinationales pour la plupart, qui s’en tirent avec plus de 4,205 milliards de gain fiscal, pour un total de 2188 opérations et une valeur imposable estimée à 147,714 milliards FCFA.

Trois secteurs d’activité se démarquent. Il s’agit de : secteur brassicole, 1246 opérations pour 1,079 milliard de gain fiscal soit 15,4% des parts ; le secteur de la cimenterie, 192 opérations pour un gain fiscal de 1,020 milliard soit 14,6% des parts et le secteur de la papeterie, 80 opérations pour un gain fiscal de 615 millions soit 8,8% des parts.

A en croire le Gicam, les retombées attendues de l’APE en termes d’amélioration de la compétitivité des entreprises, du renforcement du tissu industriel, de stimulation des investissements privés, de catalyseur de la croissance économique, de création des emplois, d’accroissement des exportations du pays ne sont pas encore perceptibles.

« A l’inverse, au fur et à mesure que le démantèlement avance, il serait à craindre un effondrement des parts des entreprises locales », conclut le groupement inter-patronal.


 source: Ecofin