Cameroun: L’UE et les ACP évaluent la mise en œuvre de l’accord de Cotonou

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Repères | 12 juillet 2015

Cameroun: L’UE et les ACP évaluent la mise en œuvre de l’accord de Cotonou

C’est dans le cadre d’un séminaire régional qu’organise le Comité économique et social européen (Cese) du 06 au 08 juillet 2015 à Yaoundé.

L’Union européenne (UE) manifeste encore son intérêt et son soutien aux pays d’Afrique du Caraïbe et du Pacifique (ACP) en général et à la sous-région Afrique centrale en particulier. L’institution vient d’ouvrir le 14ème séminaire régional des milieux d’intérêts économiques et sociaux ACP-UE. Outre les membres du Cese présents, participent aux échangent, les organisations patronales, les délégués des milieux économiques et sociaux des Etats d’Afrique, du Caraïbe et du Pacifique (ACP), des représentants de la société civile camerounaise, des représentants des institutions européennes ainsi que ceux des pays ACP.

Ce séminaire à caractère régional a pour objectif général de «partager les informations sur le processus de mise en œuvre de l’Accord de Cotonou ainsi que sur les Accords de partenariat économique (APE. Il sera également question de débattre, avec les représentants des acteurs non étatiques, des thématiques d’intérêt commun susceptibles de renforcer leur implication dans le partenariat UE-ACP», a martelé Françoise Collet, ambassadeur et chef de délégation de l’UE au Cameroun.

Parmi les sujets au menu, les participants à cette rencontre échangeront sur les objectifs de développement durable (ODD). Après un bilan mitigé des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l’UE veut tout mettre en œuvre pour que les ODD cadrent avec les besoins des pays concernés.

Avant d’assister à la 3ème Conférence des Nations unies sur le financement pour le développement (après celles de Monterrey de 2002 et Doha de 2008), le Comité économique et social a préparé un avis sur la position de la société civile européenne, avis qui a été récemment approuvé dans sa session plénière de juillet 2015. Il sera donc question au cours de présent séminaire « de partager les principaux points de cet avis avec les institutions et la société civile des pays ACP, et aussi entendre leurs points de vue sur la question », explique M. Xavier Verboven, président du comité de suivi UE-ACP.

L’autre point au centre des échanges est le mode de financement, de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’UE et les Etats d’Afrique centrale. «Censées améliorer l’intégration des pays en voie de développement dans l’économie mondiale et renforcer la lutte contre la pauvreté, les négociations sur l’APE s’enlisent dans la pratique depuis des années. Je suis bien conscient que c’est un sujet très sensible, d’autant plus que le commerce ne doit pas être une fin en soi, mais faire partie d’une stratégie ayant pour but un développement durable, l’insertion sociale et la réduction de la pauvreté », constate tristement le président du comité de suivi UE-ACP.

Face à cette situation, l’UE milite pour la signature d’un APE dans le cadre sous-régional. «L’APE intérimaire a également permis de donner plus de temps aux négociateurs pour parvenir à un APE régional plus global qui devrait remplacer à terme l’accord intérimaire. L’objectif commun aux deux parties est de conclure un accord complet qui sera un facteur de développement pour la région et qui favorisera son intégration », ambitionne Françoise Collet.

À ce sujet, les négociations sont avancées. «Après une période d’interruption, le mandat des négociateurs d’Afrique centrale a été révisé en mars 2014 et les négociations pour un accord UE-Afrique centrale plus global pourraient reprendre au cours du second semestre 2015. Le groupe de contact UE-Afrique centrale s’est réuni à Bruxelles ce mois-ci », renchérit le chef de délégation de l’UE au Cameroun. Pour mener à termes ces négociations, l’UE invite les organisations de la société civile à jouer pleinement leur rôle dans la sensibilisation.

L’autre point important de cette rencontre est le devenir du partenariat ACP-UE qui doit être révisé selon les accords de Cotonou en 2020. Le présent séminaire constitue donc un cadre idoine pour permettre aux deux parties de discuter de l’avenir de ce partenariat post 2020.

«En même temps, on constate aussi que nous approchons une autre échéance, celle de 2020 (quand l’Accord de Cotonou établi entre l’UE et les pays africains expire). Si le temps peut sembler amplement suffisant pour débattre de l’avenir des relations ACP-UE, il faudra néanmoins que les deux parties répondent à certaines questions de fond avant de parvenir à une quelconque décision », anticipe le président du comité de suivi UE-ACP.

Pour cela, les OSC sont une fois de plus interpellées. « Il convient ainsi que la société civile entame la réflexion par une évaluation des trois piliers du partenariat actuel (la coopération au développement, les relations commerciales et le dialogue politique) ainsi que du travail des institutions communes », poursuit M. Xavier Verboven. La dernière édition de ce séminaire s’est tenue en juillet 2013 à Dakar. Les assises de Yaoundé seront sanctionnées par une déclaration finale sur les différentes thématiques abordées.

Le Comité économique et social européen (Cese) assure la représentation des différentes composantes socio-économiques de la société civile. C’est un organe consultatif institutionnel, établi en 1957 par le Traité de Rome, avec pour mission de favoriser la participation des organisations de la société civile (OSC) au processus décisionnel de l’UE. Conformément à l’Accord de Cotonou, le CESE est chargé de favoriser le partenariat avec les OSC issues des pays du partenariat UE-ACP.

Benjamin Ombé

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