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Libre-échange - Plus de fromages européens tuerait l’industrie québécoise, dit l’UPA

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Les Européens peuvent actuellement exporter 13 500 tonnes de fromage par année au Canada. ce qui représente 66 % des importations canadiennes de fromage, tous pays confondus. Photo : Frédéric de la Mure

Le Devoir | La Presse canadienne | 7 février 2013

Libre-échange - Plus de fromages européens tuerait l’industrie québécoise, dit l’UPA

Dans le cadre des négociations visant la conclusion d’un traité de libre-échange, Ottawa ne doit pas permettre à l’Union européenne (UE) d’exporter davantage de fromage au Canada, insiste l’Union des producteurs agricoles.

« Si on importe davantage [de fromage européen], notre industrie va rapetisser parce qu’elle devra laisser de l’espace à des concurrents étrangers sur notre marché », a déclaré mercredi le président de l’UPA, Marcel Groleau, au cours d’un entretien téléphonique.

À l’heure actuelle, les Européens peuvent exporter 13 500 tonnes de fromage par année au Canada. Cela représente 66 % des importations canadiennes de fromage, tous pays confondus. Selon un article paru mercredi dans le quotidien torontois The Globe and Mail, une proposition qui se trouve actuellement sur le bureau du ministre fédéral du Commerce international, Ed Fast, prévoit une augmentation du quota européen pour les fromages. À Ottawa, mercredi, M. Fast a refusé de répondre aux questions des journalistes à ce sujet.

À Québec, le ministre des Relations internationales et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, a donné son appui à l’UPA dans ce dossier. « Nous ne pouvons qu’accompagner l’UPA dans ses revendications […], mais c’est une partie de la négociation qui, n’étant pas souverains, nous échappe », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse portant sur un autre sujet.

Dans les négociations commerciales internationales, les questions agricoles relèvent principalement d’Ottawa. Mais dans l’entourage du ministre Fast, on assure que le gouvernement fédéral ne signera pas d’accord avec l’UE si une province s’y oppose avec force. De son côté, la première ministre Pauline Marois a affirmé la semaine dernière à Londres que son gouvernement poserait des obstacles à l’application d’un éventuel traité si ce dernier ne respectait pas les exigences de Québec.

Par ailleurs, rien dans les pourparlers avec l’UE ne laisse actuellement croire à un affaiblissement de la gestion de l’offre, un système qui protège les producteurs canadiens de lait, d’oeufs et de volaille en imposant de lourds tarifs douaniers sur les importations dans ces secteurs. Le ministre Lisée a répété mercredi que la gestion de l’offre n’était « pas négociable ».

Porc et boeuf

En revanche, la volonté ferme du Canada d’obtenir un accès aux marchés européens du boeuf et du porc donne des maux de tête aux négociateurs. Pour y parvenir, Ottawa doit convaincre l’UE de laisser tomber l’interdiction stricte qu’elle impose aux produits canadiens en raison de craintes liées au « boeuf aux hormones » et au « porc aux antibiotiques ». « L’Europe utilise beaucoup de stratagèmes non tarifaires pour limiter l’accès à son marché et l’un des objectifs du Canada [avec le libre-échange], c’est d’éliminer ces pratiques-là », a expliqué M. Groleau.

Le président de l’UPA a souligné que l’UE n’importe pratiquement pas de viandes canadiennes alors que le Canada est un important importateur de charcuteries européennes.

« C’est vraiment deux poids, deux mesures lorsqu’on se compare, a-t-il déploré. […] Avant d’obtenir que nous ouvrions davantage nos marchés, les Européens doivent faire un pas et ça, je crois que le gouvernement canadien l’a bien compris. »

Ed Fast a rencontré mercredi à Ottawa son homologue européen, Karel De Gutch, dans l’espoir de faire progresser les négociations et, peut-être, de sceller une entente au cours des prochaines semaines. Dans le but d’accroître la pression sur Ottawa, M. De Gutch s’est rendu plus tôt cette semaine à Washington, où il a fait la promotion d’un accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis.


 source: Le Devoir