APE : les parlementaires belges agiront-ils ?

19 septembre 2008

APE : les parlementaires belges agiront-ils ?

Ce mardi 23 septembre, 100.000 personnes ayant soutenu la campagne “Stop APE” ces deux dernières années demanderont à une délégation de parlementaires belges de remettre le développement au centre des Accords de Partenariat Economique. Les parlementaires agiront-ils ?

- Action Stop APE ce 23 septembre à 11H15, place du Luxembourg à Bruxelles.
- Les parlementaires belges renverseront-ils la tendance dans le débat sur les APE ?
- Le Commissaire Mandelson et le lobby des entreprises aborderont-ils enfin la question différemment ?

Rien n’est joué !

Pour le Groupe Cotonou - dont fait partie Oxfam-Solidarité - le débat politique est encore possible au sein des parlements fédéral et régionaux.

Les négociations en vue de nouveaux accords commerciaux entre l’UE et 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont débuté le 27 septembre 2002. Mais cela fait six ans que la division règne entre les parties en négociation ! Les pays ACP estiment en effet que les propositions européennes ne prennent pas suffisamment en compte les aspects de développement et mettent trop en avant le libre commerce. Par ailleurs, elles ne tiennent pas compte du fait que certains pays sont encore loin d’être prêts pour mettre en œuvre ces accords.

Seule la moitié des pays ACP ont à ce jour signé un accord intérimaire. Aussi longtemps que les autres pays ne parviennent pas à un accord avec l’UE et que les accords ne sont pas ratifiés, il reste une marge de manœuvre politique pour retravailler le contenu des accords et proposer des alternatives.

Stop APE !

Depuis 2004, un large mouvement en faveur d’une plus grande justice sociale est né : la plate-forme internationale Stop APE. Unissant des organisations politiques, sociales et environnementales, cette plate-forme mène une action au sein d’un certain nombre d’Etats Membres de l’UE, mais aussi dans les pays ACP.

Durant la semaine du 22 au 27 septembre 2008, les décideurs politiques du monde entier recevront ainsi les demandes de la société civile pour une meilleure prise en compte des aspects de développement dans le cadre des APE.

En Belgique, le Groupe Cotonou mène campagne contre les APE. Il exige plus de protection pour les secteurs fragiles (comme l’agriculture) dans les pays ACP. Plus de 100.000 signatures ont été récoltées par des ONG francophones et néerlandophones au cours des deux dernières années.

Ce 23 septembre, le CNCD-11.11.11, SOS Faim, Solidarité Socialiste et Oxfam-Solidarité demanderont à une délégation de parlementaires belges d’amener le débat au sein des parlements fédéral et régionaux et de travailler à de meilleurs accords, accordant plus de place aux aspects de développement. Une action Stop APE aura lieu ce jour là à 11H15, place du Luxembourg à Bruxelles. Venez nombreux !

Interviews :

- Kathini Maloba, présidente de la Kenyan Women Workers Organisation
Kathini Maloba travaille à l’amélioration de la condition des femmes au sein de diverses branches industrielles. Elle dénonce le fait que les APE entraîneront une concurrence accrue, une détérioration des conditions de travail pour les femmes, moins de place pour l’agriculture et plus de risques pour la sécurité alimentaire.
Contact : par l’intermédiaire de Xavier Declercq, directeur du programme Nord d’Oxfam-Solidarité (gsm : 0475 220 791)
- Gérard Karlshausen, chargé des politiques européennes, au CNCD-11.11.11 (coupole francophone)
Gsm : 0494 785 549
- Marc Maes, chargé de la politique commerciale européenne, au sein de 11.11.11 (coupole flamande)
gsm : 0497 600 442

Contact presse : Chantal Nijssen, gsm 0473 500 386

Contexte

- La moitié des 79 anciennes colonies européennes ont signé un accord intérimaire. Les APE étaient censés fixer les termes de la collaboration dans les matières économiques et commerciales à partir de 2008, ce volet des accords de Cotonou ayant alors pris fin.
- Les principaux points d’achoppement des APE restent les matières dites “de Singapour” (investissements, marchés publics) et les services : l’UE tente d’intégrer aux APE ce sur quoi aucun accord n’a été trouvé à l’OMC et veut forcer l’acceptation du paquet global.
- Les pays ACP craignent que leurs marchés ne soient envahis de produits étrangers à prix réduits, sans qu’ils ne puissent faire valoir des droits de douane. Leurs revenus seront donc en baisse alors que le libre commerce leur fera supporter des coûts supplémentaires. L’UE reste d’ailleurs assez vague quant à l’adaptation du budget alloué au développement pour compenser ce surcoût.
- 39 des 50 pays les moins avancés (PMA) sont directement touchés par les conséquences négatives des APE. Cela concerne approximativement 720 millions de personnes, dont la majorité vit en Afrique subsaharienne. Famine massive, phénomènes migratoires incontrôlés et dévastation de l’environnement menacent si rien ne change.