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Surprise après l’annonce d’un accord rapide UE-USA

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24heures | 23 janvier 2020

Surprise après l’annonce d’un accord rapide UE-USA

«Personne ne sait rien»: l’étonnement prédominait jeudi à Bruxelles après l’annonce la veille à Davos par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d’un accord commercial d’ici «quelques semaines» entre l’UE et les États-Unis.

«Pour être honnête, je ne comprends pas. J’ai parlé hier à des membres de la Commission, de haut niveau, et ils n’ont pas compris non plus», a déclaré à l’AFP l’eurodéputé allemand Bernd Lange, président de la Commission du commerce international au Parlement européen.

Ursula von der Leyen a annoncé mercredi, au lendemain d’une rencontre avec Donald Trump au Forum économique de Davos, son ambition de signer «dans quelques semaines» un accord avec Washington, avec qui les relations commerciales sont tendues.

États membres pas sondés

Plusieurs sources au Conseil de l’UE, l’institution qui représente les États membres, disent aussi avoir été surprises par cette annonce. Par ailleurs, aucun des États membres interrogés par l’AFP n’a été préalablement sondé par Bruxelles, responsable en leur nom de la politique commerciale européenne, avant l’annonce de nouvelles discussions avec les États-Unis.

«Ça n’engage que (Ursula von der Leyen)», a réagi un diplomate européen. «Malheureusement personne ne sait rien», ajoute un autre diplomate d’un grand pays. «Il y a l’intention de mettre en place un nouveau paquet de mesures pour faire ’la paix’ (avec Washington), mais personne ne connaît le contenu.»

Interrogé à Davos, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, s’est borné à rappeler la position de la France sur le sujet: «Nous ne voulons pas signer d’accord avec un État qui refuse l’Accord de Paris sur le changement climatique», comme c’est le cas des États-Unis.

«Déclaration politique»

Plus qu’un véritable accord commercial bilatéral, qui semble techniquement impossible à conclure en quelques semaines, surtout avec un pays de l’importance des États-Unis, une source européenne évoque la signature d’une simple «déclaration politique entre von der Leyen et Trump».

La présidente de la Commission doit d’ailleurs se rendre à Washington dans les prochaines semaines, selon plusieurs sources à la Commission.

Le commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, était à Washington la semaine passée, avec l’objectif de «revigorer» la relation commerciale entre l’UE et les États-Unis, mais il n’a pas obtenu de progrès majeurs.

Taxes sur l’acier et l’aluminium de l’UE, menaces sur les automobiles européennes et les produits français, disputes à l’OMC: les relations commerciales entre l’UE et les États-Unis se sont détériorées depuis l’arrivée au pouvoir il y a trois ans de Donald Trump, qui a fait de la lutte contre le déficit commercial américain une priorité.

«Si nous ne pouvons pas conclure d’accord commercial (avec l’UE), nous devrons mettre une taxe de 25% sur leurs voitures», a menacé le dirigeant américain mercredi à Davos.

«Signal positif» pour la BCE

La rencontre mardi à Davos entre Donald Trump et Ursula von der Leyen est un «signal positif» pour résoudre les tensions commerciales américano-européennes, a estimé jeudi la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

«Le ton et la détermination des deux parties [...] doivent être pris comme un signal positif», a déclaré Mme Lagarde, alors que l’optimisme affiché par Ursula von der Leyen sur ses chances de décrocher un accord commercial «dans quelques semaines» a étonné nombre de sources européennes.

La patronne de l’institution monétaire a «tiré du réconfort» de cette rencontre en marge du Forum économique mondial, et «espère» voir la visite d’Ursula Von der Leyen début février à Washington aboutir «à quelques développements positifs».


 source: 24heures