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Cette nuit en Asie : un combat de titans pour la domination commerciale

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Les Échos | le 3 novembre 2014

Cette nuit en Asie : un combat de titans pour la domination commerciale

Gabriel Gresillon / Correspondant à Pékin et Yann Rousseau / Correspondant à Tokyo

La bataille fait rage entre Washington et Pékin sur les projets d’accords commerciaux qui doivent libéraliser les échanges dans la zone Asie-Pacifique.

Au sommet de l’APEC qui doit se dérouler, à Pékin, dans une semaine, il y aura, comme chaque année, une grande photo de famille où les dirigeants des pays d’Asie-Pacifique poseront, souriants, dans des tenues traditionnelles du pays hôte. Pourtant, en dépit de cet affichage d’amitié, la bataille fait rage entre Washington et Pékin, à en croire le « Wall Street Journal » qui cite des sources anonymes proches du dossier.

Les deux pays s’opposent au sujet des projets d’accords commerciaux qui doivent libéraliser les échanges dans la zone. Alors que l’APEC fonctionne par consensus, ce qui limite systématiquement la portée des déclarations qu’elle publie, les Etats-Unis se sont en effet fermement opposés au projet de Pékin, qui souhaitait inclure dans le communiqué final du sommet une référence à la « Zone de libre-échange d’Asie-Pacifique », dont le sigle en anglais est FTAAP. A plusieurs reprises, Pékin est revenu à la charge pour que soit annoncé le lancement d’une étude de faisabilité autour de ce projet dont la Chine est le fer de lance. Sachant qu’une étude de faisabilité constitue toujours, dans la langue des négociateurs commerciaux, l’acte de naissance d’un futur accord multilatéral. Inflexibles, les Etats-Unis semblent avoir finalement obtenu gain de cause.

De fait, ils portent, eux, un autre projet, baptisé le « Partenariat trans-Pacifique », ou TPP. Or la particularité de ce projet est d’exclure la Chine. Selon certaines estimations, si le TPP se faisait, il pourrait coûter environ 100 milliards de dollars à la Chine par an, car celle-ci se retrouverait partiellement marginalisée des échanges dans la zone Asie. Pékin est conscient du risque induit par le TPP et tente donc à tout prix d’échapper au piège américain par trois moyens. D’une part, il accélère ses négociations bilatérales avec d’autres pays. En marge du sommet de l’APEC pourrait d’ailleurs être annoncée une avancée dans les discussions avec la Corée du Sud, les deux pays s’étant fixé pour objectif de boucler leurs négociations avant la fin de l’année.

D’autre part, la Chine tente de proposer un projet alternatif au TPP. Enfin, elle fait savoir qu’elle ne demande pas mieux que de rejoindre le TPP. Une proposition à laquelle Washington répond, poliment, qu’il faut d’abord que les négociations aboutissent entre les 12 nations concernées par le TPP avant d’en envisager un élargissement. A ce stade, ce sont donc les Etats-Unis qui mènent cette course de vitesse. Pour autant, les négociations pour le TPP s’annoncent complexes, et ont peu de chances d’aboutir à courte échéance.


 source: Les Echos