L’énorme dumping des produits laitiers extra-UE et vers les APE d’AO, SADC, CEMAC et EAC en 2016

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SOL | 1O avril 2017

L’énorme dumping des produits laitiers extra-UE et vers les APE d’AO, SADC, CEMAC et EAC en 2016

par Jacques Berthelot (jacques.berthelot4@wanadoo.fr)

Les produits laitiers constituent le second secteur de production agricole de l’UE en 2015, avec 14,1% de la valeur de la production agricole totale, après les fruits et légumes (23,8%) et devant les céréales et semences (13,3%). Ils ont contribué en 2016 pour 15,6 milliards d’euros (Md€) aux exportations soit à 11,8% des exportations agricoles extra-UE, au 2è rang après les céréales (22,8%) mais devant les fruits et légumes (9%), les vins (7,8%) et la viande porcine (6%). C’est pourtant un secteur qui a connu des crises récurrentes, particulièrement profondes depuis 3 ans, parce que la politique laitière de l’UE a toujours été construite sur une surproduction, apparue dès le début de la PAC à la fin des années 60. Cette surproduction a été promue par l’une des protections à l’importation les plus fortes au monde et par des restitutions à l’exportation illimitée avant l’OMC, y compris sous forme d’aide alimentaire extérieure, les restitutions ayant dépassé 2 milliards d’euros (Md€) par an jusqu’en 1995, avant de baisser progressivement pour disparaitre en 2014. L’imposition de quotas de production depuis 1984 n’a rien changé puisqu’ils ont été fixés à un niveau supérieur d’environ 10% aux besoins du marché intérieur ce qui a entrainé la chute des prix à la production et le besoin d’accroitre les exportations. Puisque la baisse des prix aux producteurs, compensée par des aides directes semi-couplées (notifiées dans la boîte bleue de l’OMC) des réformes de la PAC de 1992 et 1999, puis des aides découplées de la réforme de la PAC de 2004 (notifiées en boîte verte à l’OMC) n’a pas suffi à enrayer la surproduction et la baisse des prix, la Commission européenne s’est efforcée d’ouvrir de nouveaux débouchés en multipliant les accords bilatéraux de libre-échange (ALE) et en mettant fin aux quotas de production en 2015, dans l’espoir de marchés accrus vers la Russie et la Chine. Mais cet espoir s’est évanoui avec la fermeture du marché russe et la baisse récente des importations chinoises. Si l’UE vient de réussir à s’ouvrir un marché de 18 500 tonnes de fromages vers le Canada après la ratification de l’accord CETA par le Parlement européen, elle continue les pressions sur l’Inde dans l’ALE en cours de négociation depuis 6 ans et surtout sur les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) pour qu’ils signent et mettent en oeuvre des APE (Accords de partenariat économique) qui seraient destructeurs pour ces pays.

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source: SOL