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ZLEC

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC ou ZLECAf) est un accord commercial en vigueur depuis le 30 mai 2019, entre 22 États de l’Union africaine (UA). Il vise à créer une vaste zone de libre-échange de plus de 1,3 milliard de personnes avec un PIB combiné de plus de 2 000 milliards de dollars US. En avril 2020, 29 pays avaient ratifié l’accord.

L’idée de créer une zone de libre-échange à l’échelle de l’Afrique a émergé lors du sommet de l’UA de 2012 à Addis-Abeba. Les négociations ont débuté en 2015 et l’accord a été signé par 44 des 55 États membres de l’UA, en mars 2018, lors du sommet de l’UA à Kigali. Dans un premier temps, des puissances économiques, comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, ont refusé d’endosser l’accord. Toutefois, l’Afrique du Sud a signé en juillet 2018, tandis que le Nigeria a adhéré à la dernière minute, en juillet 2019, lorsque l’accord est entré dans sa phase opérationnelle. L’Érythrée est le seul État de l’UA à avoir refusé de signer.

La ZLEC vise à libéraliser 97 % des produits : 90 % des produits non sensibles et 7 % des produits sensibles. La phase 1 du processus de négociation s’est concentrée sur le commerce des biens et des services. La phase 2 comprend les règles sur la concurrence, la propriété intellectuelle et l’investissement, et devrait être achevée d’ici 2020. La phase 3 incluera ensuite un protocole sur le commerce en ligne.

Bien que le cadre de l’accord soit en vigueur, des questions de fond essentielles restent à régler, notamment certaines règles d’origine, des concessions tarifaires et des engagements spécifiques dans le secteur des services.

Alors que ses partisans ont affirmé que la ZLEC favorisera le développement en Afrique et aidera les entreprises africaines, l’accord a également suscité de nombreuses critiques et de l’opposition.

La ZLEC a été dépeinte par certains comme un afro-libéralisme déguisé en panafricanisme, reposant sur le même dogme du capitalisme et du libre-marché, qui ne bénéficie qu’au capital transnational, et soutenu par de grandes institutions et agences internationales telles que l’UE, la CNUCED, l’OMC et la Banque mondiale.

Jusqu’à présent, le Nigéria a été le terrain de l’opposition la plus forte à la ZLEC. Des fabricants, des commerçants, des agriculteurs, des petites et moyennes entreprises ont exprimé la crainte que l’Afrique ne devienne une décharge pour produits bon marché en provenance de l’étranger, ce qui pourrait faire des ravages sur le processus actuel d’industrialisation.

L’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla l’a qualifié d’"initiative prématurée" qui bénéficierait aux grandes entreprises étrangères, ainsi qu’aux poids lourds africains. Il affirme, au contraire, que la priorité devrait être donnée aux politiques de d’industrialisation, de développement des infrastructures panafricaines dans les secteurs routier, maritime, ferroviaire, aérien et informatique.

Certaines puissances étrangères ont déjà décelé des opportunités que la ZLEC va générer. La Chine envisage d’en tirer parti pour relier les marchés africains et chinois, afin de promouvoir la libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux et des technologies. L’Inde est sur le point de conclure un accord commercial avec l’Ile Maurice, qui lui permettrait d’avoir un ancrage en Afrique. Pour des investisseurs turcs, la ZLEC présente aussi des possibilités de développement de leurs activités sur l’ensemble du continent, tandis que l’Union européenne pourrait envisager un méga-accord commercial. L’Union africaine serait, par ailleurs, en faveur d’un accord commercial Afrique-États-Unis lorsque la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) viendra à expiration en 2025.

Le texte de la ZLEC est disponible ici : https://www.bilaterals.org/?zlec-texte-consolide-mars-2018

Dernière mise à jour : avril 2020


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