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ALENA : les discussions se poursuivront vendredi

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Photo: Radio Canada/Angie Bonenfant

Radio Canada | 30 août 2018

ALENA : les discussions se poursuivront vendredi

Les États-Unis et le Canada n’avaient toujours pas conclu d’entente sur la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) jeudi soir, mais les discussions reprendront vendredi matin, a indiqué la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

La ministre Freeland n’a pas changé de ton depuis son arrivée à Washington, mardi après-midi, pour la dernière ligne droite de la renégociation de l’ALENA. Elle se dit toujours optimiste.

Mme Freeland a fait le point, jeudi matin, en ce qui concerne ses pourparlers avec le secrétaire américain au Commerce, Robert Lighthizer. Selon la ministre, les discussions, qui se tiennent au bureau de M. Lighthizer, avancent et l’atmosphère autour de la table est bonne.

« Je continue d’être optimiste [puisque] les deux pays font preuve de bonne volonté, a-t-elle déclaré lors d’une pause, jeudi matin. Nous sommes toujours encouragés par l’atmosphère constructive qui règne autour de la table de négociations. Nous avons fort à faire sur une courte période de temps. »

« Nos fonctionnaires ont travaillé très, très fort sur plusieurs enjeux jusqu’à tard dans la soirée [mercredi] », avait déjà dit Mme Freeland jeudi matin à son arrivée au bureau de M. Lighthizer.

Mme Freeland et M. Lighthizer ont donc débuté leur journée de jeudi en évaluant le travail réalisé au cours de la nuit par les fonctionnaires des deux pays.

Refusant de se prononcer sur les enjeux abordés à la table de négociations, la ministre canadienne a salué au passage les efforts des fonctionnaires canadiens engagés dans les discussions.

Un dossier important pour toutes les provinces

La ministre Freeland a entamé mercredi une séance de négociations intensives pour déterminer si le Canada doit se joindre à l’entente commerciale conclue en début de semaine entre les États-Unis et le Mexique.

Le premier ministre Justin Trudeau a promis mercredi de ne pas conclure une entente à n’importe quel prix.

Il s’est entretenu jeudi avec les premiers ministres des provinces et territoires pour discuter de l’état des négociations.

M. Trudeau, qui se dit optimiste de voir qu’un accord se fasse d’ici vendredi, a indiqué que le gouvernement fédéral continuera de veiller à ce que tout éventuel accord soit le meilleur accord possible pour les Canadiens.

Dans un communiqué de presse, il a remercié ses homologues pour les efforts qu’ils font afin de mettre en valeur les avantages mutuels de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis.

Au Québec, les quatre chefs politiques en campagne (Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé) ont en effet tous réitérer leur appui au système de gestion de l’offre, au cours de la semaine.

Ottawa devra faire des concessions

Pour se joindre à cet accord et sauver du même coup l’entente de libre-échange qui lie les trois pays depuis 24 ans, Ottawa devra jouer judicieusement ses cartes et aura probablement à faire des concessions aux Américains, possiblement sur son système de gestion de l’offre.

Depuis des mois, les négociateurs de l’administration Trump tentent d’ouvrir une brèche dans le système canadien de gestion de l’offre, surtout après qu’Ottawa eut concédé environ 10 % de la part du marché canadien aux agriculteurs étrangers lors de la signature de l’Accord économique et commercial global (AECG) et du Partenariat transpacifique (PTP).

Le gouvernement fédéral avait alors promis des compensations totalisant 4 milliards de dollars aux producteurs laitiers du pays lésés par cette ouverture des marchés.

L’exception culturelle

Parmi les autres dossiers qui pourraient être abordés au cours des pourparlers figure aussi le maintien de l’exception culturelle qui protège les productions culturelles et artistiques canadiennes, notamment contre l’influence très forte de l’industrie culturelle américaine.

Lors des négociations antérieures de l’ALENA, tous les biens et services culturels avaient été soustraits aux règles du commerce établies par le traité en raison notamment de leur aspect hautement identitaire pour chacun des pays impliqués.

« Il s’agit de permettre au Canada de décider ce qui est bon pour sa culture et de pouvoir établir des règles même si elles pourraient être vues de la part des États-Unis comme étant une entrave au commerce », explique Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ.

Dans la mesure où les produits culturels seraient régis par les lois du commerce de l’ALENA, plusieurs politiques qui favorisent la culture d’ici pourraient être contestées par nos voisins. « Par exemple, si nous avons des quotas de musique vocale de langue française à la radio, on permet moins à la musique étasunienne d’entrer sur nos ondes. C’est comme une entrave au commerce. »

Considérant la puissance économique et culturelle actuelle des multinationales américaines du divertissement, il est impératif, selon Mme Drouin, de maintenir l’exception culturelle non seulement pour les francophones, mais pour tous les artistes et producteurs canadiens.


 Fuente: Radio Canada