bilaterals.org logo
bilaterals.org logo
   

Ces accords commerciaux qui dopent le changement climatique: le facteur alimentaire

All the versions of this article: [English] [Español] [français]

JPEG - 144.1 kb
Une étude récente, sur une boîte de céréales Kellogg’s pour le petit déjeuner, a montré que manger une portion
de 100 grammes génère l’équivalent de 264 grammes de CO2. Si l’on ajoute du lait à ces céréales, les émissions
augmentent de deux à quatre fois.

GRAIN | 26 octobre 2015

Ces accords commerciaux qui dopent le changement climatique: le facteur alimentaire

Les négociations sur le climat, qui auront lieu à Paris en décembre prochain, sont considérées comme la dernière chance pour les gouvernements du monde de s’engager sur des objectifs contraignants qui pourraient arrêter notre marche vers la catastrophe. Mais pendant le compte à rebours des négociations de Paris, beaucoup de ces mêmes gouvernements ont signé ou sont en train de faire pression pour conclure toute une série d’accords de commerce et d’investissement ambitieux qui préempterait toutes les mesures que ces pays pourraient prendre face au changement climatique.

Ce que nous savons de ces accords pour le moment, à partir des quelques textes qui ont été divulgués sur les négociations secrètes, c’est qu’ils vont conduire à une augmentation de la production, du commerce et de la consommation des combustibles fossiles, à un moment de consensus mondial sur la nécessité de la réduire. L’Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada et le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement entre l’UE et les États-Unis, tout particulièrement, devraient aboutir à une dépendance accrue de l’UE vis-à-vis des importations de combustibles fossiles provenant d’Amérique du Nord, ainsi qu’à une restriction de l’espace politique permettant de promouvoir les énergies renouvelables et les économies sobres en carbone. Le Partenariat Trans-Pacifique, un « méga-pacte » réunissant 14 pays d’Asie et d’Amérique, qui a été conclu au début de ce mois, devrait se traduire par une augmentation des exportations de gaz des États-Unis vers les pays riverains du Pacifique. Ces nouveaux accords étendront également les dispositions prévues pour le règlement des différends entre les investisseurs et l’État que les entreprises utilisent déjà dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain pour annuler les moratoires sur la fracturation hydraulique et d’autres mesures populaires de protection de l’environnement mises en œuvre par des gouvernements.

On parle beaucoup moins de la façon dont les dispositions de ces accords relatives à l’alimentation et l’agriculture auront une incidence sur notre climat. Cette question est pourtant vitale car l’alimentation et l’agriculture a un poids énorme dans le changement climatique. Entre la déforestation, l’utilisation des engrais, les fermes industrielles ou les rayons des supermarchés, la production, le transport, la consommation et le gaspillage de l’alimentation représentent environ la moitié du total des émissions de gaz à effet de serre. Dans la mesure où la création de nouveaux moyens de distribution des produits agricoles et la modification des régimes de réglementation et d’investissement pour l’agrobusiness et l’industrie agro-alimentaire revêtent une importance prioritaires dans les accords commerciaux actuels, il y aura certainement des impacts sur le changement climatique (probablement négatifs), à moins que nous fassions quelque chose à ce sujet.

Nous estimons que les composantes agriculture et alimentation des accords de commerce et d’investissement actuels vont aggraver la crise climatique pour 7 raisons principalement.

Lire la suite : https://www.grain.org/e/5318


 source: GRAIN