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Soutien prudent des pays de l’Apec au projet chinois de libre-échange

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AFP | 8 novembre 2014

Soutien prudent des pays de l’Apec au projet chinois de libre-échange

Les pays membres du Forum Asie-Pacifique ont exprimé samedi un soutien très prudent à un projet de zone de libre-échange régionale dont la Chine est le fer de lance, concurrent à un projet défendu par les Etats-Unis.

Pékin avait proposé au printemps de mettre sur pied un "groupe de travail" pour "étudier la faisabilité" d’un vaste Accord de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP), alors que les négociations piétinent sur le projet de Partenariat trans-Pacifique (TPP), porté par Washington depuis des années, mais qui exclut la Chine.

Or, les ministres des Affaires étrangères des 21 pays et territoires du "Forum pour la coopération économique en Asie-Pacifique" (Apec) —qui inclut les Etats-Unis—, réunis à Pékin pour le sommet annuel de l’organisation, ont appelé samedi à réfléchir à la manière de "faire passer le FTAAP d’une vision à la réalité".

Ils se sont mis d’accord pour lancer "une étude stratégique" sur le projet, à terminer d’ici fin 2016, selon leur déclaration commune — une formulation alternative au concept d’"étude de faisabilité" avancé précédemment par Pékin.

Le communiqué final qui suivra mardi le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Apec à Pékin —auquel participeront les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Barack Obama— devrait faire preuve de la même prudence dans le vocabulaire.

Signe de vives différences d’appréciation, ce communiqué a déjà fait l’objet de "compromis", rapporte ainsi le quotidien hongkongais South China Morning Post (SCMP).

"Si vous faites une +étude de faisabilité+, cela implique habituellement le lancement de négociations en vue d’un accord de libre-échanges", ce à quoi les Etats-Unis s’opposent, a expliqué un responsable américain cité par le journal.

De plus, le FTAAP ne devrait être mentionné que dans une annexe, pas dans le texte principal.

Les ministres de l’Apec ont préconisé samedi, de manière vague, "une approche graduelle" en vue de "mettre sur pied le FTAAP dès que possible, en se basant sur les initiatives déjà réalisées dans la région" —sans détails concrets.

Des médias d’Etat chinois avaient récemment présenté le FTAAP comme une solution pour mettre de l’ordre dans "le bol de spaghettis" des traités régionaux de libre-échange en discussion —coup de griffes transparent au TPP proposé par Washington.

Celui-ci réunirait douze nations, dont le Japon, l’Australie, la Malaisie et le Mexique —tous membres de l’Apec— mais en l’état, il exclut la Chine. Il se heurte toujours à la résistance japonaise sur l’ouverture des marchés agricoles.
Pour sa part, Pékin, qui voit le TPP comme une tentative de brider son influence en Asie, plaide pour un projet élargi.

Au total, les 21 membres de l’Apec comptent pour plus de 50% du PIB mondial, 40% de la population de la planète et 44% du commerce international.


 source: AFP